Ami-ami avec le nucléaire

Quelle belle évolution
C’est vraiment formidable
Tous ces marchands de canons
Qui font du commerce équitable
Tous ces marchands de tabac
Devenus écolos
Est-ce que maintenant tu crois
Qu’on attrapera des cancers bios?
On va tout repeindre en vert - La Parisienne libérée

Siemens, General Electric, Endesa, Hitachi, Alpiq, Vattenfall, Gamesa, Mitsubishi, Alstom sont parmi d’autres des entreprises actives dans le secteur de l’éolien industriel, sans pour autant avoir abandonné leur cheval de bataille c’est à dire l’énergie nucléaire.

L’argent n’a pas d’odeur

Des industriels de parcs éoliens qui fabriquent des centrales nucléaires ou qui en détiennent des actions. Ce qui est probablement le comble pour les défenseurs des énergies renouvelables est pourtant la réalité du marché industriel de l’éolien, dominé par des entreprises multinationales aux activités fort diverses. Consortiums et joint-ventures sont nombreux entre  ces compagnies, qui  travaillent main dans la main, afin d’asseoir leur domination sur le marché mondial de l’énergie. 
 
Des entreprises, qui par souci de rentabilité et pour optimiser leurs bénéfices ne s’embarrassent pas de considérations éthiques, malgré le verdissage de leurs campagnes de marketing. 
 
Quelques exemples :

Siemens

L’orientation de Siemens vers les énergies renouvelables fait suite à l’accident de la centrale de Fukushima et à la décision du gouvernement allemand de sortir du nucléaire civil.
En clamant haut et fort en 2011 que le chapitre du nucléaire « est clos pour nous », le groupe Siemens, par la voix de son PDG Peter Löscher (limogé en 2013), pensait sans doute  se racheter une bonne conscience, au vu de son passé étroitement lié au développement  des 17 centrales nucléaires allemandes.
 
En 2014 Siemens revient par la bande à ses classiques, en décidant d’acquérir le fabricant américain Dresser-Rand, fournisseur d’équipements dans le secteur énergétique, et nucléaire en particulier. D’après les analystes, le mastodonte allemand souhaite surtout se positionner sur le marché très porteur du gaz de schiste, dont l’extraction crée des préoccupations environnementales non négligeables.

 
General Electric

Le conglomérat américano-canadien General Electric,  fondé en 1892, était le second fabricant d’éoliennes au monde en 2009.
 
Conjointement à ses activités dans les énergies renouvelables,  General Electric est aussi un acteur incontournable du nucléaire. Les six réacteurs de la centrale de  Fukushima ont été conçus par General Electric. GE Hitachi Nuclear Energy (GEH), l’alliance de  General Electric avec Hitachi établie en 2007,  ne faisant pas mystère de son domaine d’activité.  
 
General Electric s’est aussi fait connaître par les procès qui lui ont été intentés à divers chefs, dont des cas de pollution de l’environnement (air, sol et eau)  et d’exposition à des substances cancéreuses comme l’amiante. 
 
General Electric, qui ne considérait pas l’énergie éolienne comme un business sérieux,  s’est construit une image « eco-friendly » suite à l’acquisition en 2002 de la compagnie Enron Wind Systems, une filiale de la multinationale Enron en faillite. Enron avait créé Enron Wind Systems, suite au rachat (pour 100 millions de dollars) en 1997 de Zond Corporation, une entreprise californienne  d’éoliennes industrielles en perte de vitesse. En moins de 5 ans, profitant des larges subventions accordées, Enron Wind Systems augmenta ses ventes dans le secteur éolien, passant de 50 millions de dollars à 800 millions de dollars.
 
Pour la petite histoire, Enron était considéré comme un modèle de développement innovant, notamment à travers ses activités de trading en matière énergétique. La crise de l’électricité (2000 et 2001)  en Californie est la résultante des opérations frauduleuses d’Enron, qui avait créé une pénurie artificielle afin de racketter les contribuables. Rappelons que la banqueroute d’Enron généra plus de  40 milliards de dollars de dettes. Elle constitue encore à ce jour une des plus grandes escroqueries d’une entreprise réalisée au détriment de ses propres employés et petits actionnaires.

Vattenfall

Vattenfall est une entreprise suédoise de production et de distribution d’électricité, un des leaders du secteur en Europe du Nord.
Vattenfall participe avec la   société allemande Stadtwerke München GmbH (investisseur de la centrale centrale nucléaire Isar SWM) au parc éolien de DanTysk, constitué de  80 éoliennes situées en mer du Nord sur une surface de 70 km2.
Les opérations de Vattenfall se concentrent sur six sources d’énergies. Parmi celles-ci figurent en bonne place le nucléaire (30% de la production électrique en 2012),  le  charbon, l’hydraulique, le gaz naturel sans oublier l’énergie éolienne. Cette diversité constitue selon la société Vattenfall une de ses forces majeures, lui procurant la flexibilité nécessaire afin  d’assurer son développement économique.

Enel et Endesa

Bien que la compagnie Enel ne soit pas parvenue à favoriser un retour du nucléaire en 2011 en Italie, les transalpins ayant confirmé par référendum ne plus vouloir recourir au nucléaire après leur première décision en 1987, un an après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine ; Enel n’en reste pas moins très active dans des projets nucléaires en Europe, notamment en prenant le contrôle d'Endesa en 2009. En 2014 Endesa a produit 24,762 GWh d’électricité du nucléaire.

Enel est depuis 2006 l’actionnaire majoritaire de Slovenske Elektrame a.s. (SE), qui détient et exploite la centrale nucléaire de Mochovce en slovaquie.

Sources:
Wind Power: The Struggle for Control of a New Global Industry By Ben Backwell
Le cas Enron : les enseignements pour la réglementation, Frédéric Marty
General Electric : www.ge.com/
Wikipedia, Siemens : www.siemens.com
Dresser-Rand : www.dresser-rand.com
Vattenfall: http://corporate.vattenfall.com/
Enel: www.enel.com/en-GB/group/technologies/nuclear_power/enel/

 

 

Publié dans Eoliennes

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